Articles - Yves Sapeur

Le costume et l'équipement de notre sapeur :

Mis à part les éléments composant le costume civil, comprenant braies, chausses et chemise, notre sapeur est aussi équipé d'un gambison, d'un cale rembouré, d'un chapel de fer ainsi que d'une pique de guerre, élément indispensable pour le travail de sape.

Le chapel de fer est le casque de prédilection du sapeur. Il permettra une bonne protection des projectils venant du haut les murailles.

Le pique de guerre quand à lui permettra à notre sapeur de faire sauter le mortier afin de bouger les pierres, de casser des portes et même de se défendre.

La sape.

L’activité principale du sapeur est de s’attaquer aux murailles, aux portes, de fragiliser les fortifications, etc... 

 

La sape est une méthode de siège qui consiste à détruire une fortification ennemie en attaquant les fondations d'une muraille.

Cette méthode est également appelée combat de mines.

 

Diverses méthodes existaient : la plus ancienne consistait à s’approcher du pied de la muraille, à ôter une pierre du parement, et à creuser un trou dans le blocage ; ce trou était ensuite bourré de matières inflammables, qui une fois incendiées affaiblissaient le mur et provoquaient son effondrement et une brèche par laquelle l’assaut pouvait être mené.

les sapeurs pouvaient aussi creuser un tunnel, étayé par du bois, sous l'enceinte du château. Ils remplissaient ensuite le tunnel de produits inflammables avant de mettre le feu aux étais : ceux-ci, en brûlant, privaient la galerie de soutien ; elle s'effondrait, ce qui entraînait la muraille avec elle.

 

Une fois la muraille éffondré, l'assaillant pouvait s'engouffrer dans la bèche.

 

Extrait des récits de Pierre des Vaux de Cernay lors du siège de Carcassonne en 1209 : « ...et quand le mur en fut un peu ébranlé vers le faîte par le jet des pierres, y appliquant à grand'peine un chariot à quatre roues couvert de peaux de bœuf (1), ils placèrent dessous des pionniers pour saper la muraille. Lors, les ennemis, dardant sans cesse des pierres, des bois et du feu sur le chariot, l'eurent bientôt fracassé mais les ouvriers s'étant retirés sous la brèche déjà ouverte dans le mur ils ne purent en aucune façon les retarder dans leur travail. 

Quoi plus le lendemain au point du jour, la muraille ainsi minée s'écroula, et nos gens étant entrés avec un terrible fracas les ennemis se retirèrent au plus haut de la ville... ».

 

(1) Cette machine peut être comparée à ces galeries couvertes ou vignes construites avec des claies et du bois de chêne vert qu'on appelait aussi chats et qui servaient également à mettre les travailleurs, sapeurs, mineurs on pionniers à l'abri des traits des assiégés.

 

 

Source : Histoire de l'hérésie des Albigeois et de la sainte guerre entreprise contre eux (de l'an 1203 à l'an 1218) / par Pierre des Vaux de Cernay